
Si vous suivez mon travail depuis un moment, vous savez à quel point j’ai aimé mon Fujifilm X-H2. C’était une machine compacte, performante, avec cette « color science » inimitable. Mais en tant que créateur d’images, nos besoins évoluent souvent plus vite que notre matériel. Cette année, j’ai senti que j’atteignais un plafond de verre.
Mes projets vidéo sont devenus plus exigeants, ma gestion de la post-production demandait plus de flexibilité, et je cherchais une robustesse sans faille. Il ne s’agissait pas seulement de changer de marque, mais de changer de catégorie. Après de longues hésitations et beaucoup de comparaisons, j’ai fait le grand saut vers le plein format avec la Lumix S1 II. Et spoiler alert : c’est l’upgrade qui va tout changer pour mes contenus à venir.
1. Le « Game Changer » : Un capteur empilé (Stacked Sensor)

La première raison de ce changement est purement technologique. La Lumix S1 II embarque un capteur empilé (stacked sensor). Pour beaucoup, c’est un terme technique obscur, mais sur le terrain, ça change radicalement la donne.
- Adieu le Rolling Shutter : C’était mon obsession. Avec ce capteur, la vitesse de lecture est tellement rapide que le rolling shutter (cet effet de gelée désagréable lors des mouvements rapides) est virtuellement inexistant. Que je fasse des suivis dynamiques ou des panoramiques nerveux, les lignes verticales restent… verticales. Pour un rendu cinéma, c’est non-négociable.
- Une rafale photo hallucinante : Même si la vidéo prend une place majeure dans mon travail, la photo reste mon premier amour. Ce boîtier est une véritable mitraillette capable d’avaler 70 images par seconde. C’est une sécurité incroyable pour figer l’action, que ce soit pour du sport ou de l’animalier. Je ne rate plus rien.
2. Un Workflow Vidéo repensé pour 2025

Au-delà de la qualité d’image pure, c’est l’ergonomie de travail (le workflow) qui m’a séduit. Panasonic a compris les besoins des vidéastes modernes.
L’Open Gate : Le format roi pour les réseaux sociaux C’est probablement la fonctionnalité que j’utilise le plus. L’Open Gate me permet d’enregistrer l’image en utilisant la totalité de la hauteur du capteur (souvent en ratio 3:2). Pourquoi c’est génial ? Parce que dans une seule prise, j’ai assez de matière pour extraire une version 16:9 horizontale pour YouTube ET une version 9:16 verticale pour Instagram ou TikTok, sans perdre en qualité ni devoir « zoomer » dans l’image. C’est un gain de temps phénoménal.
L’enregistrement direct sur SSD & le Ralenti Fini le temps où je devais investir des centaines de dollars dans des cartes CFexpress ultra-rapides mais limitées en stockage. La S1 II me permet d’enregistrer directement sur un SSD externe via USB-C. C’est plus économique, plus fiable sur les longs tournages, et ça facilite le déchargement des rushs sur mon ordinateur. Ajoutez à cela des capacités de ralenti (slow motion) nettement supérieures, avec une image qui reste piquée et propre même à haute vitesse, et vous avez l’outil de production ultime.
3. Philosophie Optique : J’ai changé mon fusil d’épaule

Ce changement de boîtier a aussi provoqué une remise en question de mon parc optique. Pendant des années, je jurais mes grands dieux que seules les focales fixes (primes) valaient le coup pour leur piqué et leur ouverture.
Aujourd’hui, je fais mon mea culpa. Je suis passé sur un zoom haute performance pour 90% de mes besoins. La polyvalence d’un bon zoom moderne sur un capteur plein format est imbattable pour le « run and gun ». Je perds moins de temps à changer d’objectif, je suis plus réactif, et la qualité optique est au rendez-vous.

L’exception artistique : L’anamorphique
Cependant, je ne renie pas les focales fixes pour autant. Je les réserve désormais à des usages spécifiques, là où je cherche une signature visuelle forte. C’est pour cette raison que j’ai investi dans le Great Joy 50mm Anamorphique en monture L. Quand je veux ce look cinéma caractéristique, ces flares horizontaux et ce bokeh ovale, c’est cet objectif que je visse sur la S1 II. C’est le meilleur des deux mondes : la rationalité du zoom pour le reportage, et la poésie de l’anamorphique pour la création artistique.
Conclusion
Passer du Fuji X-H2 à la Lumix S1 II n’a pas été une décision facile, car j’aimais beaucoup mon ancien boîtier. Mais la réalité du terrain et l’évolution de mes productions rendaient ce choix évident.
Avec le capteur empilé, l’absence de rolling shutter, la flexibilité de l’Open Gate et mon nouveau duo d’objectifs (Zoom + Anamorphique), je sens que j’ai enfin entre les mains un écosystème qui ne me limitera pas. Il me tarde de vous partager les premiers projets tournés avec cette nouvelle configuration.
